Surprise, c’est Diwali !

Après une traversée de frontière assez épuisante, on tient bon et parcours encore 3 heures de bus pour rejoindre la ville la plus proche, de laquelle il nous sera possible de prendre un train le lendemain matin…

Ça, c’était en théorie.

La réalité c’est d’abord le choc culturel dans ta face après des heures de trajets : de bruits, des déchets, des milliers de gens, des rats 🐀. On cherche une chambre, mais après 6 hôtels qui affichent complets, on commence à faire la tronche. Il est tard, on a faim. On finit par trouver une chambre, et on est tout réjouit. Ou pas. Le mot insalubre serait trop sympa pour l’état de la chambre. On pose malgré tout nos affaires pour continuer nos recherches mais sans nos sacs à dos. Tout se ressemble et payer une chambre plus chère n’améliore pas la qualité de la chambre. Tout au plus de la wifi… On trouve une chambre où on tolère à peine de poser nos sacs sur le sol mais qui ne sent pas le moisi. C’est déjà top non ? On cherche ensuite quelque chose à manger mais les premiers pas nous semble compliqué : on n’y comprend rien et il y a beaucoup de choix. Heureusement les gens sont adorables et nous conseillent des plats pas trop épicé… Et très bons ! Il vaut mieux par contre manger les yeux fermés et les pieds en l’air pour éviter les copains 🐀 qui eux aussi on trouve la cantine plutôt bonne…

Après avoir survécu à notre nuit, on cherche à réserver un billet de train pour quitter cet endroit. Et là, on nous fait comprendre que pour les 4 ou 5 destinations que nous envisagions, il n’y a pas de train avant…4 jours !!! Youpi… Et oui, c’est festival de Divali, la fête des lumières, l’une des plus importantes en Inde.

On finit par trouver un train pour Varanasi, et on ne se fait pas prier pour l’acheter. On arrive sur le quai mentionné comme le plus long du monde 🌍 et on sympathise avec un agent de gare. Il nous guide et nous explique un tas de choses sur l’Inde et ses coutumes.

Après une attente respectable pour embarquer, on se retrouve dans la classe 2 avec air conditionné. On est plutôt très content : 4 lits par compartiment, des draps propres… Bref le grand luxe comparé à la nuit précédente ! Le trajet est plutôt court et calme. Pour la première fois, on a réservé un hôtel à l’avance, histoire de simplement prendre un tuk tuk pour la destination sans galère. Pierre a envie de prendre un rickshaw une sorte de tuk tuk mais tracté par un homme à vélo. Très confiant sur notre destination on s’élance dans les rues bondées de Varanasi. La circulation est chaotique mais notre conducteur s’autorise un stop pour acheter une chique (une sorte de drogue à mâcher pour lui donner du courage). Au bout d’un certain temps, on réalise que ce gentil monsieur ne sait pas du tout où il va… on finit par prendre les choses en main en demandant autour de nous et on finit par se retrouver pas si loin de notre Guest House. Là, bien sûr, pour les séjours effectués notre courageux conducteur réclame un supplément. L’avantage de voyager depuis un certains temps c’est qu’on est plus des lapereaux de 3 semaines et que pour nous chaque centimes comptent. Mais bien essayé quand même ! 😉. On arrive à la partie piétonne du cœur de Varanasi et un vieux monsieur nous propose de nous accompagner jusqu’à notre hôtel. Bien entendu, c’était pas gratuit : il a fait vraiment la tronche lorsqu’on lui a donné que 10 roupies (environs 10cents). Heureusement nous franchissons les portes de l’hôtel ce qui met fin à la négociation.

Enfin posé on peut commencer à se rendre compte de l’endroit où on a mis les pieds. Varanasi est une de sept villes sacrées en Inde et tous les Indiens hindouistes rêvent d’y faire un pèlerinage sinon d’y mourir. C’est une des premières villes peuplées au monde mais tous les bâtiments qu’on y voit sont à peine âgés de 200 ans car elle a été détruite plusieurs fois (rivalités voisines, l’empire mongole et l’empire mogols et aussi les colons Anglais qui interdisèrent les pratiques et traditions jugées sanglantes par ces européens…). Le Gange, fleuve sacré borde Varanasi. Il est à la fois une divinité et à la fois un élément palpable. Source de purification c’est aussi un cimetière ; un des fleuves les plus pollués au monde. Ça n’empêche pas les gens de se baigner dedans, de faire delà nourriture avec, d’en emporter des bouteilles chez eux.

Très rapidement : la société indienne est divisée en castes. Chaque castes a son rôle : un corps de métier ou une fonction religieuse par exemple. Il est quasiment impossible de changer son destin, on appartient à une caste, et ça dure depuis des millénaires. Dans l’hindouisme, Varanasi est le chemin le plus court pour accéder au paradis et à la réincarnation : c’est pour ça qu’un grand nombre de crémation ont lieu ici. Les rituels diffèrent selon les castes : en gros les Indiens sont brûlés sauf les moines mendiants et quelques castes basses qui sont lestés de pierre et directement jetés au milieu du Gange.

Ganpati Guest House ! C’est notre maison pour deux jours. De la terrasse on a une vue imprenable sur le Gange et un escalier descend directement sur les ghats, les berges aménagées du Gange. L’escalier est très long car le Gange capricieux peut monter de plusieurs mètres. Le plan est simple : partir au hasard des rues pour découvrir la ville.

Les trains de nuit 🌙Statues spécialement crééent pour le festivalStatues pour les processions du festival

6 commentaires

  1. Vous êtes arrivés à Gorakhpur, sans doute une des villes les moins accueillantes de l’Inde… 😅

    Ça m’étonne cette histoire de train non dispo en raison de Diwali. Il y a peut-être eu un problème de communication, beaucoup d’Indiens profitent de Diwali pour aller voir leur famille ou partir quelques jours en vacances. Ou alors la destination qui vous intéressait était mal desservie depuis Gorakhpur. Il n’y a pas forcément de trains quotidien entre toutes les villes.

    Une petite précision : ce ne sont pas les Mongols qui ont détruit Varanasi, mais les Moghols (peuple turco-mongol de culture perse musulmane), spécialement Aurangzeb, au XVIIe siècle. Les temples de Varanasi avaient déjà été détruits par des sultans (d’origine turque ou pashtoune) avant l’Empire Moghol aux XIIe, XIVe et XVe siècles…

    Par contre je n’ai pas entendu parler de destructions par les Anglais. Je ne crois même pas qu’il y ait eu une guerre entre les Anglais et le raja de Bénarès.

    J'aime

    • Ces précisions éclairerons de vérité les lecteurs de cet article. Nous écrivons nos ressentis sans la prétention d’être un guide : le but est de voir par nos yeux et de donner des News. En revanche ton commentaire est précieux pour nous.

      J'aime

      • Si le reste de l’article est exact ? Ça me paraît correct, comme vous dites, c’est votre vécu. Je ne suis pas guide non plus 😁

        Je me suis permis d’intervenir sur le côté historique parce que c’est compliqué quand on voyage dans plusieurs pays d’assimiler des siècles d’histoire ! J’ai eu un peu plus de temps que vous pour ça…

        Juste sur les crémations : ceux des basses castes, dans la mesure où ils sont hindous et qu’ils ont les moyens de payer, sont aussi incinérés. C’est surtout une question de pureté : un saint ou un enfant n’ont pas besoin d’être purifiés par le feu par exemple. Et il y a aussi d’autres croyances qui vont faire que telle ou telle personne ne sera pas incinérée mais enterrée ou immergée dans le Gange ou un autre point d’eau.

        Vous êtes toujours en voyage ou vous êtes rentrés depuis ?

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s