Balade pour Song Kül 

Après l’épopée autour de Karakol, nous voilà à Barskoon, une ville côtière où Youri Gagarine, premier homme dans l’espace vint après son vol autour de la Terre se reposer au bord d’Issyk Kül. (Point culture bonjour). 

Y arriver et dormir c’était facile, mais repartir ça l’était moins : une heure de marche avec sac à dos à travers champs et troupeaux de cheveaux pour trouver « l’autoroute ». Naturellement, on fait du stop Kirghize. Plusieurs voitures s’arrêtent et nous proposent des montants farfelus pour aller à Kotchkor, lieu de départ du prochain trek. Nous persistons et là une voiture anormalement neuve (genre Airbus A380) s’arrête. Un superbe Canadien sculpté dans le bois, mèches blondes et chemise à carreaux bûcheronne sort de l’auto. Ce large sourire est ok pour nous emmener jusqu’à Balykchy à 30km de Kotchkor. Let’s go ! Rodney n’est autre que le directeur de la seule mine d’or du Kirghizistan. La route est avalée en à peine trois heures : plus rapide que l’avion. 

A Balyktchy, il a fallu 30 secondes pour que 3 taxis nous sautes dessus afin de nous emmener à Kotchkor. En train de négocier, l’un des taxis décidé de trancher en embarquant le sac d’Elise dans sa voiture.

À peine arrivée et déjà escroqué par le taxi, un vieux monsieur qui fait semblant de ne rien comprendre. 5€ la course au lieu de 1€50 (pour environ une heure de route)

Kotchkor est une ville davantage habitué aux touristes car c’est le point de départ nombreuses randonnées dont la plus célèbre du pays pour rejoindre Song Kül. (Lac à 3013 mètres d’altitude et second plus grand lac du pays). On a décidé de faire comme tout le monde cette fois ci. On se retrouve chez l’agence CBT (une très sérieuse agence nationale de tourisme) afin de prévoir nourriture et logement pour ces 3 jours de randonnée. Bizarrement on a payé 2 fois moins que les touristes allemands… L’histoire des tourdumondistes fauchés, ça fonctionne. 

La veille du grand départ, nous dormons dans une guest house (chambre chez l’habitant) avec les fameux Allemands comme voisins.La chambre est décorée à La Kirghize milles et uns tapis fleuris avec des fleurs et des fleurs (oui,oui). Confortable, les hôtes sont charmants notamment les 3 petits enfants qui se chamaillent pas mal mais qui sont plein de vie. Il y a un grand jardin et même un abricotier. Très bonne nuit petit déjeuner au top, avec la meme théière que mamie Eliane 😉

T’as raison, étudie le trajet…
Ici il y a toujours une théière de thé très infusé et un giga volume d’eau pour diluer

Le directeur de l’agence CBT nous a bien expliqué : c’est facile 5 heures de rando le premier jour, le second la montée jusqu’au lac en 3 heures et le dernier jour sera le plus difficile, 6 heures de randonnée pour rejoindre la ville où nous attendra le taxi pour Kotchkor. 3 repas par jour, et deux nuits sous de belles yourtes Kirghizes… 

Maintenant ce qui s’est réellement passé : 

Jour 1 : Rendez vous 9h30 pour une heure de voiture jusqu’au parachutage dans un paysage grillé par le soleil et brouté à la racine par les troupeaux. Le taxi s’arrête au milieu de nul part (c’est pas juste une expression) et nous montre à tous les 4 des zigs Zags au loin sur une montagne et nous dit @€!#%*$~. Et on a compris que c’était par là qu’il fallait passer. Pour le moment on doit être à 2600 m d’altitude et dès les premières foulées nos amis germaniques nous mettent la pâté en nous devançant de plusieurs mètres par seconde. Arrive le premier col : le camp de yurte doit être derrière ces montagnes !  

Un grand vent souffle sur le massif, mais on ne trouvait pas d’air. Après deux heures de marche à déjeune sans se douter de ce qui nous attendait. 3 cols et 3 vallées plus tard toujours pas de yourte à l’horizon mais il est 18heures, de gros nuages menacent et une rivière se dresse devant nous. Là on fait plus trop les malins. On arrive à trouver un semblant de pont et de l’autre côté un élégant cavalier s’élance vers nous. Après quelques échanges il nous assure que le camp se trouve à une demi heure de là. Ouf ! Exténué mais bien regonflé par la nouvelle et l’espoir d’un bon tchaï. Nous avançons d’un pas assuré… dans les marécages. Chaussures trempées = la cerise sur le gâteau !

Ce camp de yourte était une aventure en soi. On a eu du mal à se réchauffer, on dormait à 4 dans une yourte trouée par les courants d’air… Mais on était tellement fatigué qu’on a finit par dormir.

Jour 2 : Le vent n’a pas cessé et souffle toujours dans le mauvais sens. Le sentier part dru à travers les rocailles. On se souvient du gars de CBT qui nous dit que ça ne montait pas beaucoup… On a suivi une crête avec des grosses roches pleines de liquen orange. Quand on arrive en haut, épuisés, il nous a bien fallu quelques minutes pour s’appercevoir de l’immensité au loin, Song Kül. De là où nous étions, on voyait le bord du lac, loin, le flanc de la montagne plonge et nous parait pas si insurmontable. Le paysage ressemble à des grands tas de sable. Après le col, plusieurs pistes et sentiers mènent à des endroits inconnus, donc on a tracé tout droit jusqu’au lac. Les abords de cette immensité d’eau sont assez plats vue d’en haut mais pas tellement quand on y est. Arrivés au bord du lac, petite pause où l’on jette un coup d’œil sur la carte : après des calculs savants on réalise qu’on est encore loin. On marche encore 5km environ sur du « plat Kirghize » et camp de yourte après camp de yourte on trouve enfin le bon ! 


Les hôtes sont vraiment très accueillants, ça nous a fait chaud au cœur. On se retrouve autour d’une table rempli de gâteaux et friandises en tout genre. Du thé bien sûr mais aussi des genre de tourtisseaux comme des beignets plats. 

Vénéra Saparbekova est une jeune femme dynamique et multilingue (Turc Russe Kirghize Anglais Allemand). En ce moment elle est associé avec CBT mais dès l’année prochaine elle se lance à son compte avec sa famille. Donc si vous prévoyez d’aller à Song Kül vous pouvez la contacter à cette adresse : ms.venera1993@mail.ru

Le camp est composé de 5 yourtes : une ouverte à tous pour se restaurer, 3 pour dormir (confortable et avec un petit poêle avec lequel on se chauffe à la bouse de vaches séchée) et une yourte pour les hôtes. Ici on adore les animaux 2 chiens dont un bébé, un chat escaladeur de yourte et bien sûr moutons et chevaux. Pour bien comprendre, ils ne mangent pas leurs chevaux (contrairement à beaucoup de Kirghizes) et s’en servent uniquement comme montures ou pour le fameux kumiss. 

Point culture : c’est une boisson blanche et pétillante, acide et piquant avec un goût de fermentation. Au printemps lors de la traite des juments le lait est mis tous les jours dans un sac en cuir ou un pot pour être remué le plus souvent possible et ce durant un mois. Il est ensuite mis en bouteille pour servir toute l’année (notamment comme médicament). C’est une tradition ancestrale et il est bu aussi durant les fêtes.

Ce soir là,c’est Pierre qui fait la cuisine dans la yourte de babouchka : un plof (dont vous retrouverez la recette dans un prochain article). 

Avant d’aller se coucher pour un sommeil bien mérité on se dit que ce n’était pas raisonnable de partir à pieds. Cas cela ne tienne on est au pays du cheval et les hôtes sont d’accord pour nous louer des cheveaux avec un guide pour environ 20€. 

Jour 3 : Lendemain matin, départ à 10 heures vers une petite ville où l’on doit rejoindre notre taxi compris dans le trek. Une ballade assez cool, où l’on profite du paysage et prend des photos. On a proposé à nos potos germains de les soulager de leurs sacs à dos et de les prendre sur nos juments. Elles avaient trop la pêche, super réactives, on a même testé leurs galops ! Heureusement qu’il y avait un guide pour nous mener à travers les meandres des chemins. On a traversé quelques rivières et notamment une où les sacs ont un peu pris l’eau… oups. Et une autre où la monture de Pierre a mal évalué la profondeur de l’eau et s’est enfoncé d’un mètre et Pierre a roulé par terre depuis le cheval déjà au sol. Plus de peur que de mal ! On arrive enfin à la petite ville où nous attends le taxi et un repas bien mérité ! On a tout de même mis 5h mais à cheval ! 

3 commentaires

  1. Je vois que les buffs du père noël servent bien
    Après les Vosges, Doris m’a envoyé un message pour dire que j’avais oublié 2 beufs dans sont sac. Après avoir pensé bœufs j’ai mis deux messages à comprendre qu’il s’agissait de buff
    Fin de l’histoire de buff

    J'aime

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